Le cheval qui chante La statue équestre en bronze de l’empereur Marc Aurèle, qui date du 2ème siècle, est exposée sur un socle de pierre au milieu d’une place romaine. Cette imposante et belle sculpture est entourée de plusieurs légendes concernant la fin de Rome, et par voie de conséquences la fin du monde. L’une de ses légendes repose cependant sur une réalité.
Un jour, bien des siècles après la mort de Marc Aurèle, se répandit dans la Ville Éternelle la nouvelle que son cheval de métal s’était mis à chanter.
Comme on parlait de plus en plus de ce prodige, un notable intrigué vint enquêter sur place. Il dut se rendre à l’évidence : le cheval de bronze était certaines nuits la source d’une bizarre mélopée.
Après une minutieuse observation il découvrit le secret de l’énigme.
(La statue de Marc Aurèle se trouve sur la place du Campidoglio, mais c’est en réalité une copie en matériaux modernes que les visiteurs admirent maintenant, la statue originale étant conservée à l’abri de la pollution. C’est bien sûr de cette dernière dont il est question dans cette énigme).
Posant l’oreille sur le ventre du cheval, le notable y perçut des bruits aquatiques. Comme tous les bronzes de taille importante, cette statue est creuse. De l’eau de pluie étant entrée par des fissures, une grenouille avait eu l’idée insolite de s’y installer... Certains jours de printemps, elle chantait, et son chant, déformé par les méandres de cette caverne de bronze, n’était plus reconnaissable.
Par respect pour la mémoire de Marc Aurèle, le notable fit percer le ventre du cheval. L’eau s’écoula, la grenouille mourut et la légende s’éteignit.
