Si tu crois que la fin de l'été,
N'amène qu'un tombereau de fleurs fanées
Sitôt coupées, sitôt oubliées
C'est que tu ne connais pas les moissons d'automne
Ni les tournesols, la brume ou les pommes,
Sans compter les graines à ramasser
Qui, une fois semées, t'inventeront un nouvel été
Si tu crois qu'à la fin de l'été,
Il ne reste que des plages désertées,
C'est que tu ne connais pas la mer déchaînée
Le bois mort sur le sable mouillé,
Les empreintes y sont plus marquées,
Et le vent dans les cheveux défaits
Aux mille piqûres de petits brasiers
Si tu crois que la fin de l'été,
Ce sont des rêves inachevés
Qui dormiront dans les malles au grenier,
C'est que tu ne connais pas les châtaignes grillées
Au coin d'un feu de cheminée,
Ni la vie qui sommeille sous la terre apaisée
Ou le chant d'hiver glacial des forêts.
Mais si tu crois que la fin de l'été,
C'est pour toi, un goût de plus jamais,
Dis toi bien, comme un refrain murmuré,
Qu'à chaque saison je peux m'émerveiller
D'un sourire, un bout de soleil, comme une main posée
Sur la douceur d'une journée à tes côtés
Et que de toi, il n'y a rien à oublier.