Ils parlent pour avoir l'air
Sans jamais ne rien dire
Et cacher dans un sourire,
De leurs pensées, le désert
Leurs yeux ne disent rien
Indicible, immense vide
que leurs paroles dévident
Et que rien ne retient
Ils parlent comme on se soûle
Sans soif et sans entrain
S'inventent joie ou chagrin
Qu'une idée parfois bredouille
Un bon mot saute soudain
Repris dix fois... cent fois
Et s'en donnent à cœur joie,
Ils le tiennent bien en main
Ils parlent à s'en donner le vertige
Pour tirer le temps hors de l'ennui,
Illusion édentée d'une vie
Que, fiers, ils érigent
Je les vois, je les entends
Leurs mots mâchonnés
A pleine bouche, crachés
Sur la table du néant
Mon refuge, le silence
Me berce, m'apaise
Je le pèse et le soupèse
Vidé de toutes substances