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Partir - Tahar Ben Jelloun

 
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Revue du sujet
AuteurMessage
eldricodrico
Ven 3 Juil - 9:50   Sujet: Partir - Tahar Ben Jelloun

Tiré du site evene.fr

Résumé du livre

Tanger, début des années 1990 : un groupe d'étudiants se retrouve régulièrement au café de la Falaise, en bord de mer, d'où l'on aperçoit les côtes d'Espagne et, le soir, les lampadaires qui s'allument... Jour après jour, ils rêvent de ce paradis qui semble à portée de main. L'un d'eux, qui ne supporte plus la perspective du chômage à vie et le régime autoritaire d'un roi en fin de règne, est bien décidé à partir. Mais la mort tragique d'un de ses cousins, mort noyé au cours de sa traversée clandestine, le dissuade de tenter l'aventure par la même filière. Alors qu'il est à deux doigts de sombrer dans le désespoir, n'entrevoyant aucune issue, il rencontre un riche Espagnol, Miguel, qui le prend sous sa protection tout en lui mettant un étrange marché en main : il est d'accord pour l'emmener à Barcelone, mais à condition que le jeune homme devienne son amant et vive avec lui. Lorsqu'on n'est en rien homosexuel, mais que l'alternative se résume à un enfer certain et à ce qui sera peut-être un autre enfer, mais où tout semble possible, il est clair qu'il n'y a pas de bon choix. D'autant plus que certains démons islamistes ont, eux, traversé depuis longtemps la Méditerranée...




Tahar Ben Jelloun nous conte avec tendresse les trajectoires parallèles de ces jeunes Marocains qui n'ont qu'une idée en tête : partir. Partir, traverser le détroit de Gibraltar pour rejoindre l'Espagne, qu'ils imaginent paradisiaque, et quitter une vie qui leur paraît mesquine et étriquée. Chacun à leur manière, les personnages sont attachants, même dans leurs maladresses, leur entêtement, leur lâcheté, parfois. Qu'il s'agisse de Malika, la petite rêveuse aux doigts gelés, d'Azel, le jeune diplômé sans avenir, ou de Kenza, jeune fille en quête d'amour, on se prend à rêver qu'ils vont trouver leur petit Paradis bien à eux, l'endroit où ils pourront se poser et apaiser leurs tourments.
Mais ce que montre l'auteur ici, c'est que l'exil n'est jamais univoque, et que le “Paradis” où l'on croit atterrir peut se révéler tout aussi infernal que l'endroit que l'on a quitté. Tahar Ben Jelloun nous parle aussi de nostalgie, de regrets, et nous fait comprendre que l'on ne guérit jamais du pays de notre enfance, du pays où nos rêves se sont forgés. Qu'Azel recherche, en Espagne, ce Maroc qu'il a tellement voulu fuir, que Kenza, heureuse et intégrée, soit si souvent plongée dans de nostalgiques rêveries, cela a quelque chose de révélateur. Non, il ne s'agit pas seulement de “partir”, dans ce roman, mais aussi de revenir.
Dans une prose des plus agréables, Tahar Ben Jelloun nous mène donc sur la barque d'une histoire multiforme, entre le roman, la galerie de portrait, le conte, et le récit de rêve. Le résultat est ce livre original et prenant, qui nous captive avec les petits riens qu'il raconte, humanités simples aux désirs jamais assouvis.